Village

XVI –

              Sanglantes nuées, des gerbes éclaboussant les trottoirs parsemés de flâneurs et de coursiers alourdis. Les fleurs aux balcons se pâment sous la douceur de l’atmosphère et des exquises lueurs astrales. Un calme étrange plane au-dessus de la ville. Les véhicules se font plus rares, plus discrets dans leur avancée miroitante et caverneuse. Hachurés par les larmes solaires, les nuages se sont dispersés au lointain tandis que commencent à pointiller quelques astres. L’esprit tranquille, je ne suis qu’un flâneur parmi d’autres, battant le pavé, détroussant l’heure et chérissant la surprise. Les yeux pris dans le tourbillon des couleurs vermillonnes, la main légère, le pas vif et aventureux, je m’engage dans les ruelles tortueuses qui se dérobent à la routine, où le linge pend de toit en toit, où fleurissent les cris et les soupirs au creux des moribondes meurtrières — la vieille ville. (suite…)